Chroniques de la haine #6 – Economiser de l’argent

Quand tu dois mettre de l’argent de côté pour des trucs, tu comprends un peu mieux le sens du mot sacrifice. Et les sacrifices, c’est de la merde, on va pas se mentir.

Comme tu as pu le remarquer, Shampagne et moi n’avons pas été particulièrement présentes ces derniers mois. Elle t’en a dit un peu plus sur le pourquoi du comment de notre absence (avec plein de gifs, parce qu’on aime les gifs, c’est gai les gifs). Il y a eu des problèmes techniques, évidemment, mais dans mon cas, un tas de problèmes personnels. 2017 n’est pas à classer dans mon top des meilleures années, loin de là.

Depuis le début de l’année, je sors de ma torpeur. En 2018, j’ai des projets. Des gros. Forcément, ils impliquent de mettre de l’argent de côté, un paquet. J’en dis pas plus pour l’instant, je te saoulerai bien assez avec ça le moment voulu. Non, mon problème pour le moment, c’est à quel point économiser est chiant comme la mort.

Trop d’intimité, pas assez de pesto

Déjà, tout est dans le mot. Economiser, c’est vivre à l’économie. Et ça commence par l’endroit où tu vis. Quand t’es en région parisienne, tu imagines bien qu’on parle d’un studio. Alors avec mon chat, on s’aime très fort mais on a quand même trop d’intimité. Je vais faire pipi, il va faire pipi. On a nos toilettes respectifs côte à côte, fallait bien caser les gogues perso de monsieur quelque part. Des fois, il y va quand je suis sous la douche, on est comme un vieux couple qui n’en a plus rien à foutre de loufer en face de l’autre. J’ai 28 ans, je suis un vieux couple.

Ensuite, vivre à l’économie, c’est faire des efforts sur l’alimentation. On va pas se mettre à souffrir d’inanition, d’autant que j’ai perdu assez de poids pendant ma période de torpeur. Trois repas par jour, c’est bien. Mais je me souviens pas de la dernière fois que j’ai mangé du poisson, et bon, la dinde c’est quand même moins cher que le poulet, même si c’est moins bon. Deux fois par mois, ça passe.

Les légumes sont tes amis

Franchement, c’est bien, j’ai appris plein de trucs que mon cerveau aurait jugé particulièrement inutile il y a quelques années. On est quasiment au mois de mai, je sais que je peux me jeter sur les choux, les pommes de terre, les betteraves et les asperges. C’est moins cher et ça emmerdera mon chat quand j’irai faire pipi.

Et bien sûr, les pâtes. Des Panzani, parce que quand tu les manges nature, c’est meilleur que les pâtes collantes des sous-marques. Grand luxe. Quand je veux friser l’indécence, je prends une petite sauce pesto. Un jour, j’ai craqué pour de la vraie crème d’Isigny, je me sentais tellement pétée de thunes, j’ai failli jeter mon billet de 5 avec un air hautain sur la caisse du monsieur, en mode « Keep the change, peasant ». Déconnons pas, j’ai repris ma monnaie.

Oui bonjour, je voudrais mes 2 centimes, merci

Le problème de la bière

J’économise sur les sorties aussi. Autant l’hiver, c’est plutôt facile, autant quand il commence à faire beau et chaud, ma détermination est mise à rude épreuve. Une pinte en terrasse à Paris, c’est en moyenne entre 6 et 8 euros. Il fut un temps où je pouvais enquiller 2 litres sans manger, je rentrais en toute quiétude à la maison. Ca me coûtait cher, mais qu’est-ce que c’était drôle. J’essaye d’économiser alors aujourd’hui, je pourrais probablement vomir au 2e demi de Monaco. Comment veux-tu garder un semblant de fierté.

8 litres 1/2 de bière, still going strong

Je vais donc faire comme tout le monde : proposer un verre sur les quais. Une bouteille très moyenne de blanc, des bières tièdes et des gobelets en plastique chez Franprix. On a tous l’air de hippies qui étudient à Paris-8, mais qu’est-ce qu’on a rien dépensé. Tant qu’on ne s’abaisse pas au Cellier des Dauphins avec bouchon plastique, aucun mal n’est fait.

Avec tout ça, comme j’ai la chance d’avoir un travail à temps plein avec un salaire correct, j’arrive à économiser une somme honorable chaque mois. Arrive alors la partie la plus frustrante : ne pas toucher.

Ecus sonnants et trébuchants

Comme je te l’ai dit, j’ai un gros projet, mais il prend du temps. Ce qui implique qu’avec tout ce que je fais, je ne peux pas récolter les fruits de mon labeur, y’a rien de concret, rien de palpable. Moi et mon gros et gras compte en banque, on se retrouve donc à se regarder en chiens de faïence, pendant que j’imagine tout ce que je pourrais m’offrir immédiatement avec tout ça. Au hasard, assez de Twix pour faire des indigestions à répétition. Un exemple parmi d’autres.

Une fois n’est pas que deux tu l’auras, je vais terminer sur un point positif : je PEUX économiser. Je suis en capacité financière de le faire, c’est mieux que pas mal de gens. Et au moment où je pourrai enfin utiliser cet argent, ça va être tellement fifou, je ne vais plus jamais la fermer.

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