Cosmétiques toxiques : comment les reconnaître et bien choisir ses produits ?

Il y a quelques jours, l’UFC-Que Choisir a publié une liste de 185 produits cosmétiques potentiellement dangereux pour l’organisme. Franchement, 185, ça peut paraître énorme mais il y en a beaucoup BEAUCOUP plus que ça. Alors comment peux-tu faire pour t’y retrouver là-dedans ? C’est à la fois très simple et très compliqué…

« Je comprends rien à toutes ces merdes ». Voilà, ça c’était moi il y a quelques années quand j’ai commencé à m’intéresser aux compositions des produits cosmétiques. J’en avais un peu marre d’avoir les cheveux poisseux deux jours après mon shampoing alors j’ai voulu chercher des trucs un peu plus sains. Puisque je suis persuadée qu’en général, la nature est bien faite.

Chat 1
N’est-il pas ?

Les ingrédients chimiques, c’est très compliqué à comprendre. Du coup, il faut prendre les choses dans l’ordre. Et la première chose à connaître, c’est la façon dont on fabrique la plupart des produits cosmétiques dits « classiques », c’est à dire ceux qu’on trouve dans n’importe quelle grande surface.

Je vais donc te mettre un petit schéma et tous les ingrédients (plus ou moins dans l’ordre) qu’on retrouve dans la cosmétique classique et la cosmétique naturelle. Pour te permettre de faire des pauses, cet article sera parsemé de gifs de chat.

D’abord, le petit schéma :

Schéma

  • La phase aqueuse

En cosmétique classique : De l’eau tout simplement, qui sert à diluer toute la composition. Elle peut représenter jusqu’à 80% du produit fini.

En cosmétique naturelle : également de l’eau, que l’on peut remplacer par de l’eau florale ou de l’hydrolat, ou même par de l’aloe vera.

  • La phase grasse

En cosmétique classique : il y en a de plusieurs sortes. Les huiles d’abord, synthétiques pour la plupart. On trouve des huiles minérales (autrement dit, l’huile issue du pétrole après raffinage), des huiles estérifiées (on isole les composants et on les recombine avec d’autres molécules souvent moins naturelles) et les huiles hydrogénées (l’huile subit une extraction à haute température, appelée hydrogénation, ce qui la rend plus visqueuse).

Les silicones font également partie de la phase grasse. En gros, tout ce qui finit par -cone ou -siloxane dans la compo. Ce sont des agents filmogènes, c’est à dire qu’ils forment un film sur la peau ou les cheveux, ce qui donne l’impression de cheveux brillants ou d’une peau hydratée. En réalité, c’est un trompe-l’oeil.

Cheveux
Parce que 2 jours après le shampoing…

En cosmétique naturelle : des huiles végétales ou des beurres végétaux. De nombreuses plantes offrent des corps gras aux multiples propriétés, bien plus efficaces que les corps gras synthétiques. Certaines comme l’huile d’arachide, l’huile de germe de blé ou l’huile de sésame sont peu chères.

  • Des émulsifiants / tensioactifs

En cosmétique classique : souviens-toi de tes premiers cours de physique. L’eau et l’huile ne se mélangent pas, donc il faut un émulsifiant pour tout lier ensemble. On trouve le PEG (polyéthylène glycol) et le PPG (polypropylene glycol), qui sont issus du traitement chimique d’un gaz toxique. On trouve aussi les alkylphénols et éthoxylates d’alkylphenol.

Chat 2
« T’as dit quoi là ? »

Les tensioactifs eux, confèrent un pouvoir moussant et lavant au produit fini. Ceux utilisés en cosmétique classique sont irritants : ammonium lauryl sulfate, sodium laureth sulfate, sodium lauryl sulfate (qui est le plus irritant).

En cosmétique naturelle : la lécithine de soja est très connue, mais on trouve aussi les gommes végétales. Certains produits animaux peuvent aussi servir : cire d’abeille, poudre de lait ou encore lanoline.

En ce qui concerne les tensioactifs, ils sont presque tous dérivés du sucre : il suffit de chercher « glucoside » dans la composition. Tout ce qui contient « glutamate » est aussi OK.

  • Des actifs

En cosmétique classique : l’émulsion utilisée (excipient) n’offre que très rarement la possibilité d’avoir des actifs naturels. Les vitamines ou les huiles essentielles sont d’origine synthétiques. Quant au collagène ou à l’élastine, c’est d’origine animale. Quand bien même les actifs seraient d’origine naturelle, leur dosage est inférieur à 1%, autrement dit une dose carrément homéopathique. De l’argument marketing, pur et dur.

En cosmétique naturelle : des extraits de plantes, des huiles essentielles, des algues, ou des agents hydratants naturels utilisés en synergie pour décupler leur efficacité. Les actifs peuvent représenter jusqu’à 10% du produit.

  • Des gélifiants

En cosmétique classique : Inutile de te dire à quoi ça sert. La plupart du temps, la cosmétique classique utilise des polymères synthétiques, alors qu’il existe une tonne de gélifiants naturels.

En cosmétique naturelle : des polymères d’origine végétale, comme les algues (alginates), la sève d’arbre (gomme arabique), les graines ou pépins (pectine, amidon, gomme guar) ou encore les feuilles (gel d’aloès).

Chat 4
Les cheveux plats, c’est fini.
  • Des conservateurs

En cosmétique classique : c’est ce qui pose le plus de problèmes. On trouve une tonne de merdes toutes plus dangereuses les unes que les autres. Il y a quelques années, tout le monde a fait une fixette sur les parabens alors les industriels se sont mis à bombarder leurs packagings de slogans « Sans parabens ». Du coup, ils ont utilisé d’autres conservateurs tout aussi merdiques.

On trouve par exemple le triclosan, un agent anti-bactérien synthétique généralement présent dans les dentifrices ou les bains de bouche. C’est pas pour rien qu’on te dit de ne jamais avaler ces produits…

Le cetrimonium boride est aussi très apprécié des industriels parce qu’il est à la fois conservateur, antimicrobien, antistatique, émulsifiant et tensioactif. Seulement il est tellement irritant et allergène qu’il n’est autorisé qu’à hauteur de 0,1% dans les compositions.

Méfiance aussi avec le méthylisothiazolinone et le phénoxyéthanol qui sont particulièrement allergènes et irritants. Le premier est un irritant cutané et le second est nocif pour le foie et le sang. C’est beau hein ?

En cosmétique naturelle : la liste de conservateurs autorisés par les labels bio est très limitée. L’alcool est autorisé. On parle ici d’alcool éthylique (éthanol), souvent d’origine naturelle, pas d’alcool dénaturé (impropre à l’ingestion). En règle générale, l’effet asséchant de l’alcool est contré par des corps gras ou des agents hydratants.

Dans les solutions aqueuses (genre, les lotions), l’alcool n’est jamais présent. On préférera faire appel aux huiles essentielles. On estime qu’environ 2 ou 3% de la population mondiale est allergique à certains composants des huiles essentielles (notamment le citronnellol, eugénol, géraniol, ou linalol). Autrement dit rien, comparé à la part qui développe des allergies aux conservateurs de synthèse.

  • Parfums

En cosmétique classique : tous d’origine synthétique. Les marques spécialistes du greenwashing font encore plus fort en imitant l’odeur des plantes via des parfums synthétiques. Un comble…

En cosmétique naturelle : certaines personnes qui passent à la cosmétique bio sont surprises de l’odeur forte de certains produits. La senteur provient uniquement des plantes qui s’y trouvent ou des huiles essentielles. On n’est juste plus habitués à sentir les choses telles qu’elles sont…

Chat 3
Les gens qui sentent des produits bio la première fois
  • Colorants

En cosmétique classique : également obtenus de matière synthétique (t’as l’habitude maintenant). Ces colorants peuvent provoquer des allergies et augmentent le risque d’hyperactivité  chez l’enfant.

En cosmétique naturelle : tous d’origine naturelle. Les huiles essentielles peuvent colorer, de même que certaines plantes, comme les algues (la spiruline colore par exemple le produit d’un vert prononcé).

Pourquoi des ingrédients synthétiques ?

Mais pourquoi prendre des produits synthétiques alors qu’il existe leur équivalent naturel ? C’est une question de coût, d’une part. D’autre part, les industriels arrivent plus facilement à contrôler certains aspects de la composition : viscosité, potentiel d’oxydation, pH, conservation…

Oui mais… la cosmétique naturelle parvient également à contrôler tous ces éléments avec un dosage adéquat et une bonne connaissance des produits. La dernière excuse pour ne pas utiliser ce genre de produits, c’est le prix.

Chat 5
« Touche pas ma thune, bâtard »

Sauf que… bah non. Certaines marques développent des produits soit disant « hauts de gamme », qu’ils affirment plus naturels, sans sulfates, sans parabens, sans machins-trucs, ce qui leur donne un argument marketing béton pour vendre le produit plus cher. Je te l’ai dit plus haut, tout ce qu’ils font, c’est remplacer les produits synthétiques les plus connus par d’autres plus difficiles à analyser pour le consommateur lambda.

Aujourd’hui, nombre de ces produits coûtent exactement le même prix qu’un produit cosmétique naturel. A moyen et long terme, la cosmétique bio coûte même moins cher puisque la plupart des produits permettent au corps de se réguler de lui-même, que ce soit en terme d’hydratation ou de production de sébum. Et quand on sait comment notre corps fonctionne, on n’a plus besoin d’utiliser 15 produits quotidiennement.

Alors je prends quoi ?

Certaines marques sont certifiées par des labels de confiance. Tu peux donc aller piocher chez Weleda, Cosmo Naturel, Melvita, Essential Care, Centifolia, DeNovo, Dr Hauschka, Gamarde, Helvetia Natura, Khadi, Lavera, Logona, Sanoflore et beaucoup d’autres.

Beaucoup sont disponibles dans les magasins bio ou dans certaines grandes parapharmacies. Sinon, tu peux aller chercher sur internet. Seulement, si tu commences à analyser les compositions, je te déconseille de commander à l’extérieur de l’Union Européenne. Les législations ne sont pas les mêmes et les marques ne sont pas forcément tenues de donner l’intégralité de leur composition.

Pour analyser tous les composants d’un produit, tu peux passer ton temps sur la liste INCI du site La Vérité sur les Cosmétiques. C’est long, mais ça permet d’être beaucoup mieux informé.

Quand t’en auras terminé avec les cheveux gras et la peau qui tiraille, tu pourras me dire merci. Promis, c’est ce qui va arriver…

Sources : QueChoisir, Oolution, DeNovo, Weleda

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